Newsletter de janvier

Dernière modification le 10 janvier 2026

Vous avez pris de bonnes résolutions ? Pourquoi est-ce une erreur ?

Je vous souhaite une très bonne année 2026. Pleine de santé, de bons moments, de réussites, de défis relevés.

Que cette année vous trouve non pas dans la pression de tout changer mais dans l’envie de continuer, de progresser et d’évoluer…

Le mécanisme du mois :

Pourquoi les bonnes résolutions de janvier échouent — et comment l’évolution pas à pas répare votre cerveau, votre confiance, et votre efficacité

cortexte préfrontal - amygdale

En janvier, votre cerveau est encore en mode “reprise post-fêtes” — mais il est aussi soumis à un assaut culturel, médiatique, et organisationnel : les listes de résolutions, les objectifs “transformatifs”, les promesses de soi-même à soi-même. Ce n’est pas un hasard si ce mois-là concentre les abandons, les déceptions, et les crises de confiance.

Neurologiquement, votre cortex préfrontal dorsolatéral — zone impliquée dans la planification, la régulation émotionnelle et le contrôle inhibiteur — est encore en phase de réajustement après les perturbations de sommeil, les variations alimentaires et les pics de cortisol liés aux fêtes. Sa capacité à gérer des objectifs complexes, surtout s’ils sont formulés en termes de “tout ou rien”, est temporairement réduite.

Psychologiquement, les résolutions de janvier activent deux mécanismes bien documentés :

– Le biais d’optimisme : tendance à surestimer ses propres capacités et à sous-estimer les obstacles, décrite par Tali Sharot. Ce biais, utile pour motiver l’action, devient contre-productif lorsqu’il conduit à des objectifs irréalistes.
– Le biais de négativité : tendance à accorder plus de poids aux événements négatifs qu’aux positifs, activant l’amygdale et renforçant les schémas de dévalorisation de soi.

bonnes résolutions

Cela crée un cycle de culpabilisation qui réduit encore votre capacité à agir, à planifier, à rester calme. Le résultat ? Une baisse d’estime de soi, une dévalorisation de soi, et souvent, un retrait.

Dans les organisations, ce phénomène se répète à l’échelle collective : objectifs annuels trop ambitieux, KPIs irréalistes, pression sur les équipes pour “démarrer fort”. Le résultat est le même : surcharge mentale, découragement, turnover silencieux.

Le Kaizen : l’antidote neurologique aux résolutions

L’évolution pas à pas, elle, ne repose pas sur la volonté — mais sur le Kaizen : une méthode d’amélioration continue, fondée sur la neuroplasticité.

Le Kaizen, philosophie née dans les usines japonaises après la Seconde Guerre mondiale, repose sur un principe simple : changer un peu, chaque jour, sans forcer, sans brûler les étapes. Ce n’est pas une stratégie de performance, mais une logique d’ajustement progressif — où chaque micro-ajustement, répété, crée des changements durables. Neurologiquement, cela correspond exactement à ce que votre cerveau sait faire de mieux : apprendre par répétition, par feedback, par récompense interne. Les synapses se renforcent non par l’effort, mais par la régularité. Le Kaizen ne vous demande pas de vous transformer — il vous invite à vous réajuster. Et c’est précisément ce réajustement, jour après jour, qui, au bout de 30, 60, 90 jours, devient une transformation. Sans douleur. Sans culpabilité. Sans échec. Car dans le Kaizen, il n’y a pas d’échec — seulement des retours d’expérience. C’est pourquoi il est l’antidote parfait aux résolutions de janvier : il ne vous juge pas, il vous accompagne. Et c’est ce que vous méritez.

Le test du mois :

Répondez honnêtement à ces 3 questions :

→ Quand vous vous fixez un objectif en janvier, est-ce que vous le formulez en termes de (a) “je dois” ou (b)“je vais changer ceci ou cela” (c) « je vais commencer par une première étape » ?

→ À quel moment, en moyenne, arrêtez-vous de le suivre ? (a) avant la fin du mois, (b) entre la 2e et 4e semaine, (c) jamais — je le maintiens toute l’année.

→ Après un échec de résolution, quelle pensée revient le plus souvent ? (a) “Je n’y arriverai jamais”, (b) “Je suis faible”, (c) “Je vais ajuster, pas abandonner”.

Si vous avez répondu (a) ou (b) à deux questions ou plus, vous êtes dans le piège des résolutions. Votre cerveau est en mode “défaite anticipée”. Il est temps de basculer vers l’évolution pas à pas.

Protocole

Étape 1 — Identifier un micro-objectif
Choisissez une seule chose, minuscule, que vous pouvez faire chaque jour, sans effort excessif. Exemple : “Boire un verre d’eau en me levant”, “Écrire 3 lignes de journal”, “Marcher 5 minutes”.

→ Pourquoi ça marche ? Le cerveau apprend par la répétition. Même un geste infime, répété, crée des synapses nouvelles — c’est la base de la neuroplasticité.

Étape 2 — Ancrez-le à un rituel existant
Attachez-le à une action déjà ancrée : après le café du matin, avant de vous coucher, en sortant du bureau. Le cerveau associe les routines — cela réduit la friction mentale.

→ Pourquoi ça marche ? La mémoire procédurale (celle des habitudes) dépend de structures comme le striatum, et non du cortex préfrontal — ce qui réduit la charge cognitive.

Étape 3 — Notez-le, sans jugement
Chaque jour, notez simplement : “Fait” ou “Pas fait”. Pas de commentaire. Pas de punition. Pas de récompense extérieure.

→ Pourquoi ça marche ? L’absence de jugement réduit l’activation de l’amygdale. Le cerveau se sent en sécurité — et continue.

Étape 4 — Réajustez, ne vous culpabilisez pas
Si vous ratez 2 jours, ne vous dites pas “Je suis nul”. Dites : “Je vais ajuster l’heure, le lieu, ou la forme”. Par exemple : “Je marche 5 min, mais après le déjeuner, pas le matin”.

→ Pourquoi ça marche ? Le cerveau apprend par l’erreur, pas par la culpabilité. L’ajustement est une forme d’intelligence adaptative — et c’est précisément ce que favorise le système dopaminergique

Pour adapter au quotidien : Descriptif de cas

Julien, 42 ans, directeur d’agence, m’a consultée en janvier 2025. Il avait pris de bonnes résolutions et s’était “promis” de faire 3 heures de sport par semaine, de lire 1 livre par mois, et de ne plus répondre aux mails après 20h. Au 10 janvier, il était déjà en échec, en colère contre lui-même, et en burn-out latent.

Nous avons basculé vers l’évolution pas à pas :
→ 1 minute d’étirement le matin,
→ 1 page de lecture avant de dormir,
→ 1 mail non lu après 20h, sans culpabilité.

Au bout de 3 semaines, il avait complètement adopté ces 3 micro-habitudes. Au bout de 3 mois, il marchait 20 min par jour, lisait 2 livres par mois, et avait redéfini ses limites professionnelles. Il m’a dit : “Je ne me suis pas forcé. J’ai juste appris à avancer et augmenter petit à petit. Comme si je marchais au lieu de sauter.”

Pour aller plus loin

Lecture “The Power of Habit” de Charles Duhigg — pour comprendre comment les routines se créent, se maintiennent, et se transforment.

Atelier “Prendre sa place : 5 étapes pour prendre confiance en vous” — Cultiver sa confiance en soi pour allier bienveillance et limites, sans culpabilité. Ce travail s’inscrit dans la continuité de ce protocole : il s’adresse à ceux qui veulent évoluer sans se détruire. Disponible sur apprivoisersonstress.fr et dans l’application Apprivoiser son stress — pas comme un outil de performance, mais comme un espace de réajustement humain.

La question piège : Ne pas décider de changer ne risque-t-il pas de me faire stagner ?

Et si la vraie résolution de janvier n’était pas de changer, mais de cesser de vous punir et de vous culpabiliser pour ne pas avoir changé assez vite ?

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